Los Angeles

À PROPOS DE CE PROJET

Reconnue pour son manque d’espaces publics, Los Angeles n’a jamais été une ville avec une vie sociale de la rue très forte.

 

Au fil de la crise économique des années 1970-1980, des émeutes qui ont teinté le 20e siècle et du gigantesque projet de rénovation urbaine de Bunker Hill, les quelques espaces publics ont été abandonnés et la création de nouveaux parcs laissée aux promoteurs immobiliers. Conséquemment, les nouveaux espaces publics se sont trouvés être assez similaires dans leur aménagement gérés et tellement sécurisés et contrôlés que seuls certains citadins y avaient accès. Dans les années 1990, plusieurs Angélinos ont critiqué cette façon de faire qui, d’après eux, tuait à petit feu l’accès démocratique aux espaces publics.

 

De septembre à décembre 2009, j’ai entrepris l’étude de cinq espaces publics du centre-ville de Los Angeles: le Watercourt de la California Plaza (1992) et le Grand Hope Park (1994), fortement critiques pour leur accessibilité contrôlée et leur propriétaire intéressé; la Plaza Olvera (1781) et Pershing Square (1866) qui n’ont jamais été pointe du doigt mais qui correspondent aux critiques de design uniformisé et à la pression pour la consommation; Vista Hermosa Natural Park (2008), un ajout récent dans l’ensemble des espaces publics du centre-ville. L’objectif? Déterminer l’identité des utilisateurs, leurs activités et surtout, leurs interactions.

 

Comment? En cartographiant les utilisateurs de chaque parc et leurs interactions pendant une centaine d’heures, en interviewant 50 usagers à propos de leur utilisation de l’espace et de leur perception des autres visiteurs, et en rencontrant les gestionnaires de chaque site.

 

Il ressort de cette recherche que les espaces publics de Los Angeles sont bien fréquentés, certainement plus qu’on le croirait à prime abord, mais la mixité sociale est limitée. Beaucoup d‘efforts sont mis en œuvre par tous les usagers pour maintenir avec l‘autre une distance qui permet de préserver l‘intégrité sociale. Les gens ne s‘impliquent que partiellement avec les étrangers, préférant la plupart du temps entrer en contact avec des gens qui leur ressemblent. Néanmoins, dans les endroits fortement convoités, les frottements sont les plus fréquents et les normes constamment renégociées, et ce, malgré la surveillance particulièrement élevée et les incitations à la consommation qui pourraient filtrer les usagers.

 

Ce qui étonne, c’est la variété d’espaces publics au sein du centre-ville. Ce n’est pas la quantité qu’on remet en question – Los Angeles a sans aucun doute une carence en espace public – mais la qualité de ceux-ci. Tous les espaces publics présentent des attraits différents pour divers groupes et il est possible de trouver parc à son goût sans avoir à parcourir une grande distance. Il n’existe pas de parc parfait, mais il existe un environnement urbain parfait – celle qui offre des espaces publics pouvant plaire à tous. C’est le cas au centre-ville de Los Angeles.

ABOUT THIS PROJECT

Well known for its lack of public spaces since its beginnings, Los Angeles was never a city with a vibrant public life.

 

Following the economic crisis in the 1970-1980s, numerous social riots in the 20th century, and a huge urban renovation project in Bunker Hill, the few existing public spaces were left unmaintained and the creation of new spaces was entrusted to private corporations. As a result, there emerged many new and highly secured open spaces managed by private entities, and other sites that were “public” in appearance but with an entrance fee that filtered patrons on this private land. In the 1990s, many Angelinos criticized those practices, which, apparently, undermined democratic access to public spaces.
From September to December 2009, I undertook a study of five public spaces in downtown L.A.: the Watercourt of the California Plaza (1992) and the Grand Hope Park (1994), briefly cited as examples of soon-to-be dead places; Plaza Olvera (1781) and Pershing Square (1866), never discussed but showing the symptom of consumerism and homogenization through their design; and Vista Hermosa Natural Park (2008), a recent addition in the small set of public spaces. The objective was to find out who the users are, what kinds of activities they engage in and, above all, whether they interact together.

 

This was accomplished by mapping the users and observing their interaction in each space for about 100 hours, as well as interviewing 50 users in total about their use of the space and perception of other users.

 

The social heterogeneity in the public spaces of Los Angeles is higher than expected, but it is indeed limited. Users try hard to maintain a safe social distance with others. People will engage only partially with strangers, overall preferring contact with people who are like them. Nonetheless, in places that are highly coveted, it is common to see strangers rubbing shoulders, and behavioural norms are constantly renegotiated alongside formal surveillance and the incentive of goods consumption that supposedly filters users. What is unique about Downtown Los Angeles is the variety of its types of public space. There is no doubt that L.A. is behind in terms of the number of public spaces. Yet their quality is surprising. Each park presents many assets that appeal to different groups, and it is possible to find a park that fits one’s needs within a short distance. There is no perfect park, but there is a perfect urban environment –one that offers public spaces that could please each and every individual. This is the case for Downtown Los Angeles.